Hypoacousie — Questions fréquentes (FAQ)
1) Que couvre cet algorithme ?
Cet algorithme guide l’évaluation structurée du patient présentant une hypoacousie, depuis l’anamnèse et l’identification des signes d’alerte jusqu’à l’examen otoscopique et l’interprétation des tests au diapason (Rinne et Weber). Il permet de distinguer une perte de transmission d’une perte neurosensorielle, de définir la nécessité d’une audiométrie et d’orienter l’adressage, y compris dans les situations urgentes telles que la perte auditive neurosensorielle brusque (SSNHL).
2) Quelles sont les principales causes d’hypoacousie ?
Les causes peuvent être de transmission — par exemple bouchon de cérumen, otite moyenne, otite séreuse, perforation tympanique ou otosclérose — ou neurosensorielles, comme la presbyacousie, l’exposition chronique au bruit, l’ototoxicité, la SSNHL ou des causes rétrocochléaires. L’algorithme aide à prioriser les étiologies probables selon l’examen clinique et le profil évolutif.
3) Quelle évaluation initiale faut-il réaliser ?
L’évaluation doit inclure le mode d’installation — brusque ≤72 h ou progressif —, le caractère unilatéral, les symptômes associés, tels que acouphènes, plénitude auriculaire, vertige, otalgie ou otorrhée, l’exposition au bruit et aux médicaments ototoxiques, ainsi que les traumatismes et les comorbidités. L’examen doit comprendre une otoscopie, une brève évaluation neurologique et, lorsque disponibles, les tests au diapason (Rinne/Weber).
4) Quels sont les signes d’alerte nécessitant une orientation urgente ?
Une orientation urgente est nécessaire en présence de déficits neurologiques aigus — suspicion d’AVC —, d’un traumatisme crânien récent, d’une instabilité clinique et d’une hypoacousie unilatérale brusque avec otoscopie sans cause évidente, évocatrice d’une possible SSNHL. La présence d’ataxie, de diplopie, de dysarthrie ou d’autres signes focaux impose une évaluation en contexte d’urgence.
5) Que signifie un test de Rinne négatif ?
Un Rinne négatif signifie que la conduction osseuse est supérieure à la conduction aérienne dans cette oreille, ce qui suggère une perte auditive de transmission. Cela peut être lié à une pathologie de l’oreille externe, comme du cérumen ou un œdème, ou de l’oreille moyenne, comme une otite moyenne, un épanchement ou une perforation. Même avec une otoscopie normale, ce résultat peut évoquer des causes telles que l’otosclérose ou des anomalies ossiculaires.
6) Si le Rinne est positif bilatéralement, pourquoi réaliser le Weber ?
Un Rinne positif bilatéral exclut une perte de transmission significative, mais peut être observé en cas d’audition normale ou de perte neurosensorielle. Le test de Weber permet d’évaluer la latéralisation et d’identifier une perte neurosensorielle unilatérale, dans laquelle le côté atteint est opposé au côté de latéralisation. Si le Weber est central, cela suggère une audition normale ou une perte bilatérale symétrique.
7) Le Weber est-il obligatoire lorsque le Rinne est négatif ?
Lorsqu’il existe un Rinne négatif unilatéral, une perte de transmission de cette oreille a déjà été identifiée et le Weber n’est pas strictement nécessaire pour la décision principale. Il peut toutefois être utile pour confirmer la latéralisation et suspecter une perte mixte ou une erreur technique, notamment si le résultat est discordant avec le tableau clinique.
8) Qu’est-ce que la SSNHL et pourquoi est-ce une urgence ?
La SSNHL correspond à une perte auditive neurosensorielle brusque, typiquement unilatérale, d’installation en ≤72 heures et avec otoscopie normale. Il s’agit d’une urgence otologique en raison d’une fenêtre thérapeutique courte, ce qui rend essentielle une évaluation ORL urgente et une audiométrie précoce. Le traitement repose sur une corticothérapie précoce, idéalement débutée dans les premières 72 heures, selon le circuit local.
9) Quand demander une audiométrie ?
L’audiométrie est indiquée pour confirmer et quantifier la perte auditive, caractériser le profil — transmission versus neurosensoriel — et orienter l’adressage. Elle doit être urgente en cas de suspicion de SSNHL. Dans les autres situations, elle peut être programmée, en particulier en cas d’hypoacousie progressive, unilatérale ou lorsqu’il existe un retentissement fonctionnel.
10) Quand orienter vers l’Oto-rhino-laryngologie ?
Une orientation ORL urgente doit être envisagée en cas de suspicion de SSNHL et chaque fois qu’une pathologie grave est suspectée. L’orientation programmée est appropriée en cas de perte de transmission persistante ou récurrente, y compris l’otosclérose, de perte neurosensorielle progressive ou lorsqu’une réhabilitation auditive peut être nécessaire. Une perte neurosensorielle unilatérale ou asymétrique peut justifier une investigation de causes rétrocochléaires en contexte spécialisé.